Janvier 2025
Il m’a fallu un bon moment, mais voici enfin le tout dernier article sur la Jordanie… ou du moins à cette aventure à vélo en Jordanie. Car qui sait ? Dans la vie, on ne sait jamais, peut-être qu’un jour nous y retournerons ?
Ce dernier chapitre est consacré à un autre joyau des paysages jordaniens : le désert du Wadi Rum, ou plus officiellement l’Aire protégée du Wadi Rum, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Tout comme Pétra, il est difficile d’imaginer un voyage en Jordanie sans découvrir cet immense désert rouge et jaune qui s’étend sur des milliers d’hectares, où l’on aperçoit à peine la moindre construction humaine.
Le Wadi Rum a servi de décor à de nombreux films, notamment Seul sur Mars et Lawrence d’Arabie, et il figure dans à peu près tous les blogs de voyage dignes de ce nom. En revanche, comprendre comment le visiter est étonnamment compliqué. Internet regorge d’agences, de coordonnées, d’informations contradictoires et, malheureusement, d’arnaques.
Comme pour mon article sur Pétra, je préfère préciser qu’il ne s’agit pas d’un guide. Je partage simplement ce que nous avons fait, ce que nous avons vu, ainsi que les impressions que nous avons rapportées de ce voyage. J’espère malgré tout que cet article pourra vous être utile. 🙂

En route vers le Wadi Rum


Wadi Rum : le Visitor Centre et le village
Encore une fois, le Wadi Rum est un immense désert à l’état pur. Quelques Bédouins y vivent, mais les infrastructures y sont quasiment inexistantes. Concrètement, on ne peut pas s’y aventurer seul : il faut être accompagné par des guides certifiés qui connaissent la région.
Avant d’atteindre le cœur du désert, il faut passer par deux “points de contrôle”. Le premier est le Visitor Centre. C’est là que les agents vérifient votre billet (en 2025, l’entrée coûtait 7 JOD) ou la validité de votre Jordan Pass, puisque l’accès au Wadi Rum est inclus dans celui-ci. Impossible de le manquer. J’en ai aussi profité pour admirer l’architecture du complexe, que j’ai trouvée particulièrement réussie.
Pendant que nous réglions ces formalités, plusieurs guides sont venus nous proposer leurs services. Je ne sais pas ce qu’ils valent, mais j’aurais tendance à dire qu’il est toujours plus prudent de réserver son excursion à l’avance.


Tout premiers dromadaires du voyage (ceux de Pétra ne comptent pas !)



Quelques kilomètres plus loin se trouve ensuite le village de Wadi Rum, qui est le point de départ de toutes les excursions en 4×4 et le véritable QG du désert.
Étonnamment, j’ai beaucoup aimé cet endroit. Il dégage une atmosphère de camp de base pour de grandes expéditions, genre celles de Franklin ou de Magellan, même si, à vrai dire, être assis sur la banquette d’un Toyota 4×4 n’a absolument rien d’une “grande aventure”.
Wadi Rum : excursion dans le désert
Tout d’abord : seuls les guides certifiés et agréés sont autorisés à organiser des excursions dans le désert du Wadi Rum. Méfiez-vous des arnaqueurs qui vous promettent “le meilleur tour du Wadi Rum” et puis vous emmènent dans la zone située en dehors de l’Aire protégée, accessible à n’importe qui. N’hésitez pas à leur demander leur certification.
Nous avons à peine commencé à regarder les différentes formules, agences et avis en ligne que nous avions déjà mal à la tête… et ce voyage nous en avait déjà réservé un certain nombre. Nous avons donc décidé de ne pas nous compliquer la vie et avons simplement contacté une agence recommandée dans notre guide du Routard: Wadi Rum Bedouin Friends. Elle était présentée comme “écoresponsable”, “authentique” et accompagnée de tous les qualificatifs que les touristes occidentaux comme nous sont censés rechercher. Très bien, on n’en demande pas plus.


On n’imagine pas combien de bois on peut en fait ramasser dans le désert !

On quitte le village pour passer la nuit dans le désert

Les excursions sont très flexibles : une journée avec une nuit, deux jours avec une nuit, ou encore deux nuits avec une journée de visite. Tout est assez modulable, il suffit de voir directement avec l’agence.
Nous avons choisi la formule deux nuits et une journée. Pour nous, cela signifiait éviter deux nuits au village et les passer dans le désert à la place, ce qui était idéal, surtout quand on voyage à vélo.




La matinée frisquette
Qu’est-ce qui était inclus dans notre tour ? Le transport (ce fameux Toyota 4×4), les repas préparés sur place par nos guides bédouins, plusieurs petites randonnées, ainsi que tout le nécessaire pour dormir. Il y avait aussi une dimension “découverte de la nature”, qui prévoyait des récits ou des explications sur la faune et flore locales. Malheureusement, l’anglais de nos guides très limité ne l’a pas vraiment permis, ce qui a été assez décevant par rapport à ce qui était annoncé… J’aurais aussi préféré qu’ils évitent de jeter leurs mégots dans ce qui est quand même leur propre patrimoine naturel, mais visiblement, cela ne faisait pas partie de l’approche écoresponsable.
En revanche, nos guides appartenaient aux communautés bédouines qui vivent dans le Wadi Rum. C’était fascinant de rencontrer quelqu’un qui connaît un désert de 720 km² comme nous connaissons les rues de notre ville… et qui grimpe facilement sur les rochers et dans le sable en simples tongs.
En tout, cette excursion nous a coûté 210 JOD. Un an plus tard, je ne suis toujours pas totalement convaincue que ça en valait la peine. Plutôt oui, parce que j’ai du mal à imaginer un voyage en Jordanie sans découvrir le Wadi Rum. Mais si je prends un peu de recul, l’expérience ne m’a pas autant émerveillée que je l’espérais.

Notre guide Saud

Traces des dromadaires




Fleurs du désert



Little Bridge — Petit Pont

L’excursion : notre avis honnête
Pendant toute une journée, nous avons roulé d’un site emblématique à l’autre, en nous arrêtant régulièrement pour faire de courtes balades. Au total, nous avons marché un peu moins de 20 km. Le rythme était très apaisant, presque méditatif, d’autant plus que nous étions seuls — avec nos deux guides — jusqu’à la toute dernière soirée et que nous avons croisé très peu de touristes en chemin. Comme je l’ai déjà évoqué dans les articles précédents, le contexte était assez particulier : nous voyagions en janvier, en pleine basse saison, tandis que l’escalade de la guerre entre Israël et la Palestine avait également eu des répercussions sur le tourisme en Jordanie.
Pourtant, contrairement à ce que nous imaginions, le Wadi Rum ne nous a pas totalement conquis. En écrivant ces lignes, j’essaie encore de comprendre pourquoi. Une première raison est que nous ne sommes tout simplement pas très fans de ce type de tourisme, où l’on passe la journée à être transporté d’un point à un autre sans vraiment avoir le temps d’approfondir ce que l’on découvre. L’absence d’une langue commune avec nos guides a également limité les échanges et rendu l’expérience moins enrichissante.
Et puis, pour être honnête, les déchets nous ont attristés tout au long de notre voyage en Jordanie. Mais les voir dans le Wadi Rum m’a véritablement brisé le cœur. Un sentiment difficile à décrire, une déception mêlée à une fascination et un moment assez reposant et calme.


Une sieste d’aprèm












Direct depuis The Martian
Si l’on retire tout l’aspect “touristique”, c’est-à-dire la nature de ces excursions, le Wadi Rum reste un lieu d’une beauté extraordinaire. Nous avons découvert des paysages magnifiques, mais aussi les traces de peuples qui vivaient ici il y a des milliers d’années. Le Wadi Rum abrite d’ailleurs l’une des plus riches collections d’art rupestre du Moyen-Orient, avec des milliers de pétroglyphes et d’inscriptions en différentes langues — thamoudique, nabatéen, arabe… Il est difficile de rester insensible devant un tel patrimoine. Il est indispensable de protéger ce lieu contre un tourisme de masse désorganisé ; j’aurais simplement aimé que cette protection soit un peu plus cohérente.






Voilà qui conclut cette série d’articles consacrée à notre traversée de la Jordanie à tandem, et c’est presque une petite victoire en soi ! La prochaine étape sera de rassembler toutes nos impressions sur une partie bien plus vaste de notre voyage : le Royaume d’Arabie saoudite. Et le faire sera pour moi une aventure à part entière !
Merci d’avoir suivi cette aventure. N’hésitez pas à nous contacter, quel que soit le moyen : nous serons ravis de connaître vos impressions, de lire vos retours ou de découvrir vos propres expériences. Et si vous avez la moindre question, ce sera un plaisir d’y répondre !









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